Selon les récentes prévisions de la banque mondiale, si les données actuelles ne changent pas, le taux d’extrême pauvreté sera porté à 25% d’ici 2026 au Cameroun, affectant environ 8 millions de camerounais.

L’Institut National des Statistiques (INS) corrobore ce rapport après l’ECam5, sa 5ème enquête auprès des ménages. En effet, l’institut rapporte que “ près de deux camerounais sur cinq vivent en dessous du seuil national de pauvreté, fixé à 813 F CFA par jour et par personne (…). Avec ce seuil, ce sont environ dix millions de personnes qui vivent dans la pauvreté en 2022, pour une population totale estimée à environ 27 millions d’habitants ”. Selon ces données chiffrées, plus de 50% des pauvres seraient extrêmement pauvres dans ce pays.
Entre autres facteurs qui affectent le Cameroun, l’on note la situation sécuritaire qui reste instable et présente des défis pour le pays. Les rendements agricoles en sont affectés, autant que le changement climatique qui a une incidence plus large sur le plan géographique. Donc, agriculteurs et consommateurs en souffrent. Loin de réaliser l’objectif de la Stratégie nationale de développement (SND30) dont le but est de réduire l’incidence de la pauvreté à 30,8% d’ici 2030, le taux d’incidence de la pauvreté passe à 39,6%.
L’indice de Gini par contre a légèrement progressé au cours des années précédentes, allant de 0,44 à 0,43; cela est la preuve d’une amélioration dans l’égalité sociale. Cependant, des progrès devront encore être réalisés, car la répartition des ressources économiques reste assez inégale. L’ECam5 révèle dans son rapport que “ les 20% les plus riches consomment environ 10 fois plus que les 20% les plus pauvres”.
Face à ce tableau alarmant, la Banque mondiale préconise de réduire les disparités socio-économiques en accélérant la croissance économique, ce qui favorisera la création d’emplois décents. Par ailleurs, d’autres mesures pourront dédouaner le Cameroun d’après l’institution, qui précise qu’ “ en réaffectant les économies budgétaires réalisées à partir de la réduction des subventions aux carburants à des dépenses productives, y compris des investissements dans les programmes sociaux et le capital humain, il serait possible d’apporter des appuis aux pauvres et aux vulnérables sur le court terme”.
Source : investiraucameroun