Après le sacre historique du Kenya, l’Afrique poursuit son ascension sur la Croisette — mais cette fois par sa jeunesse. Pour la première fois, des équipes marocaines de moins de 30 ans ont concouru chez les Young Lions, la compétition qui révèle la relève mondiale de la création. Le signe d’un vivier qui se structure, et d’une arrivée qui en annonce d’autres.
Le 26 juin 2026, le Festival international de la créativité de Cannes a dévoilé les lauréats de ses Young Lions Competitions, le rendez-vous réservé aux talents de moins de 30 ans. Sept compétitions, quatre jours, plus de 400 jeunes professionnels venus du monde entier : l’épreuve est devenue un passage presque obligé pour qui veut se faire un nom dans la communication. Et, parmi les nouveautés de cette édition, une ligne retient l’attention sur le continent : le Maroc et la Bolivie y faisaient leurs grands débuts.

Une course contre la montre au service de bonnes causes
Le principe des Young Lions a de quoi impressionner. Parrainés par Adobe, les concurrents reçoivent un brief signé par une ONG, une association ou une entreprise engagée, puis disposent de 24 heures seulement pour concevoir une campagne — quarante-huit pour le format film. Les travaux sont ensuite jugés par les membres mêmes des jurys du Festival. Cette année, les sujets allaient de la protection de la nature, pour Re:wild, l’organisation cofondée par Leonardo DiCaprio, à la sécurité aquatique, portée par la Fondation Princesse Charlène de Monaco, en passant par la lutte contre le cancer du sein avancé ou la gouvernance de l’espace, confiée par le Bureau des affaires spatiales des Nations unies.
Le Maroc, une première édition très structurée
Si le Royaume a pu présenter des équipes à Cannes, c’est au terme d’une compétition nationale inaugurale. Organisée sous l’égide du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et portée par l’Union des agences conseil en communication (UACC), représentant officiel des Cannes Lions au Maroc, la première édition des Young Lions Morocco a réuni plus de 240 candidatures, évaluées par un jury de 34 experts internationaux au Studio des Arts Vivants de Casablanca.
Fait notable, l’épreuve s’est doublée d’un engagement sociétal : en partenariat avec l’Association marocaine du handicap, les jeunes créatifs ont planché sur des campagnes en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap. Trois binômes ont notamment décroché l’or, et leur billet pour la finale internationale : The Oscar Team (Maryam Smaili et Mohammed Houssame Belgarch) en Digital, Twofold (Lamiss Oujari et Soumayya Kerroumi) chez les Marketers, et PR Warriors (Nada Bencherki et Hiba Belhouk, de l’agence COM&TALK) en Relations publiques.
Un palmarès mondial, des talents partout
la Géorgie en Film, la Corée du Sud en Media, l’Espagne chez les Marketers, la Norvège en Relations publiques — sa toute première dans la catégorie — et l’Irlande en Print. Hong Kong a, pour sa part, signé ses premières victoires en PR et en Media. Le Maroc, lui, ne repart pas avec un trophée. Son trophée à lui, cette année, c’est l’arrivée.
Bâtir le vivier de demain
Pour un continent dont la jeunesse constitue l’atout démographique majeur, l’enjeu dépasse la seule compétition. En rejoignant un circuit international structuré, le Maroc adresse un signal aux marques, aux annonceurs et aux pouvoirs publics : la créativité se cultive, s’investit et s’exporte. Après le Grand Prix décroché par le Kenya quelques heures plus tôt, la leçon de cette édition 2026 est limpide. L’Afrique ne se contente plus de figurer au palmarès mondial de la création : elle prépare, dès aujourd’hui, la génération qui le dominera demain.






