Le Salon international de l’alimentation (SIAL), qui se tient tous les deux ans à Paris, a récemment ouvert ses portes au Parc des Expositions de Villepinte. Pendant cinq jours, cet événement a rassemblé les acteurs clés du secteur agroalimentaire pour discuter affaires, innovations et solutions face aux défis actuels. Parmi les 3 700 participants, une soixantaine de pays africains étaient présents, mettant en lumière une tendance encourageante : la montée en puissance des femmes dans l’entrepreneuriat agricole.

Malgré des défis majeurs tels que l’accès aux terres et aux financements, de nombreuses femmes africaines s’impliquent avec succès dans un secteur traditionnellement dominé par les hommes. Sandrine Vasselin Kabonga, originaire du Congo, illustre parfaitement cette dynamique. Après avoir quitté son poste de conseillère financière, elle a fondé Misao Spices, une entreprise dédiée à la production et à la distribution d’épices d’Afrique centrale, notamment en République démocratique du Congo. « En RDC, il n’existe pas de filière de production d’épices professionnelles comme à Madagascar ou en Asie. Nous travaillons donc avec les communautés locales pour cueillir, sécher et transformer les épices, créant ainsi des emplois tout en restant sur un marché de niche de produits de qualité », explique-t-elle.
Lydia Mérouche, avocate devenue agricultrice, partage cette vision. Fondatrice de Fossoul Agricol, elle se consacre à la production de fruits et légumes bio en Algérie. Sa participation au SIAL témoigne de son engagement envers une alimentation durable, essentielle pour la santé publique. « La santé passe par ce qu’il y a dans nos assiettes. C’est pourquoi j’ai décidé de troquer ma robe d’avocate pour des bottes d’agricultrice, afin de militer pour une agriculture saine et durable », affirme-t-elle.
Jessica Allogo, ancienne ingénieure dans l’industrie pétrolière, a également fait le saut vers l’entrepreneuriat avec Les Petits Pots de l’Ogooué, une entreprise de transformation agroalimentaire au Gabon. « Les consommateurs africains recherchent des produits authentiques et locaux. Il y a une réelle solidarité pour accompagner les entrepreneurs locaux et améliorer les conditions de vie des communautés », déclare-t-elle.
L’événement a également permis aux producteurs d’étendre leur réseau et de signer de nouveaux contrats. Jean-Luc Luboya Tshichimbi, producteur et exportateur de fruits et légumes à Kinshasa, souligne l’importance de l’exportation pour son activité, qui couvre 30 % du marché local et 70 % à l’international.
Le SIAL 2024 a été le théâtre d’une véritable célébration de l’innovation dans le secteur agroalimentaire, avec des distinctions telles que le SIAL Innovation Award, récompensant des entreprises comme Sabarot, Boost it et King Konjac.