Quand la Croisette s’habille en Années Folles — Pierre Salvadori embrase le 79e Festival de Cannes avec une comédie romanesque délicieusement burlesque, portée par un trio d’exception.
Un film, une ouverture
Il y a des ouvertures de festival qui ressemblent à des déclarations d’amour au cinéma. La Vénus électrique est de celles-là. Choisi par Thierry Frémaux pour ouvrir le bal de la 79e édition du Festival de Cannes, le nouveau film de Pierre Salvadori s’annonce comme une célébration flamboyante de la comédie à la française — héritière assumée du screwball hollywoodien et de l’esprit de Lubitsch.
Pour la première fois en onze longs métrages présentés à Cannes en trente-quatre ans de carrière, Pierre Salvadori monte les marches en position d’honneur. Un couronnement mérité pour un cinéaste dont le nom est synonyme d’élégance comique, de précision d’écriture et d’une foi inébranlable dans le pouvoir du mensonge au service de la vérité des sentiments.

Synopsis
Nous sommes à Paris, en 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, est paralysé depuis la mort de son épouse. Son galeriste Armand, désespéré, assiste, impuissant, à l’effondrement de son protégé. Un soir d’ivresse, Antoine tente de contacter sa femme disparue à travers une voyante. Mais c’est en réalité Suzanne — modeste foraine glissée en cachette dans la roulotte pour y voler de la nourriture — qu’il croit entendre.
Suzanne se révèle être une fraude de génie. Bientôt aidée d’Armand, elle enchaîne les fausses séances de spiritisme. Antoine retrouve peu à peu l’inspiration. Mais la situation se complique pour Suzanne lorsqu’elle commence à tomber amoureuse de l’homme qu’elle manipule. La mascarade tient à un fil d’or. Et c’est ce fil — tendu entre mensonge et désir, entre deuil et renaissance — qui fait battre le cœur du film.
| « Cannes célèbre tout ce que j’aime au cinéma : la mise en scène, l’audace, la liberté et les auteurs. À sa façon, mon film porte toute la croyance et tout l’amour que j’ai pour mon métier. Je suis tellement fier et heureux qu’il ouvre le bal ! » — Pierre Salvadori, réalisateur |
Regard cinéphile
Salvadori revendique l’influence des maîtres de la comédie sophistiquée — Ernst Lubitsch, Billy Wilder, Blake Edwards — et s’en empare avec une liberté totale. La précision d’écriture, le rythme effréné des quiproquos, la confusion savamment entretenue entre le vrai et le faux : tout concourt à faire de La Vénus électrique un film à la fois ancré dans la grande tradition et résolument singulier.
Le scénario, signé Benjamin Charbit, Benoît Graffin et Pierre Salvadori, s’appuie sur une idée originale de Rebecca Zlotowski et Robin Campillo — deux des noms les plus importants du cinéma d’auteur français contemporain. Ce générique d’exception donne toute sa mesure à l’ambition du projet.
La direction artistique de Virginie Montel et la photographie de Julien Poupard promettent un Paris des Années Folles somptueux, entre lumières chaudes de cabaret et ombres mélancoliques des ateliers d’artiste.
CASTING
| COMÉDIEN·NE | NOTE |
| Pio Marmaï | 4e collaboration avec Salvadori — Dans la cour, En liberté !, La Petite Bande |
| Anaïs Demoustier | L’âme du film — Vue dans Le Comte de Monte-Cristo, Le Temps d’aimer |
| Gilles Lellouche | Le galeriste complice — L’Amour ouf (Compétition 2024), Le Grand Bain |
| Vimala Pons | Distribution officielle |
| Gustave Kervern | Distribution officielle |
Fiche technique
| Réalisation | Pierre Salvadori |
| Scénario | Benjamin Charbit, Benoît Graffin, Pierre Salvadori — d’après une idée de Rebecca Zlotowski et Robin Campillo |
| Image | Julien Poupard, AFC |
| Montage | Anne-Sophie Bion |
| Décors | Angelo Zamparutti |
| Direction artistique & Costumes | Virginie Montel |
| Production | Les Films Pelléas |
| Coproduction | Versus, France 2 Cinéma, Pio & Co, Tovo Films, RTBF, Be TV, Orange, Proximus |
| Distribution France | Diaphana Distribution |
| Ventes internationales | Goodfellas |
| Sortie France | 12 mai 2026 (simultanément Cannes & salles) |
| Festival | 79e Festival de Cannes — 12 au 23 mai 2026 |
Cannes 2026 — La 79e édition
La soirée d’ouverture sera animée par Eye Haïdara, actrice française dont la présence illumine la Croisette. La cérémonie sera retransmise en direct sur France Télévisions et Brut, et simultanément dans des centaines de salles partenaires à travers la France.
Le jury de la Compétition officielle sera présidé par le réalisateur coréen Park Chan-wook. Deux Palmes d’or honorifiques couronneront cette édition : Barbra Streisand et Peter Jackson. La Sélection officielle complète sera révélée le 9 avril 2026.
La Vénus électrique succède à Partir un jour d’Amélie Bonnin, premier film qui avait ouvert la 78e édition. Après la fraîcheur d’un premier long métrage, Cannes choisit cette fois de s’ouvrir sur la maturité rayonnante d’un cinéaste au sommet de son art. Un choix qui dit beaucoup sur l’état d’une industrie qui, décidément, n’a pas fini de croire au grand cinéma français.




