Le rendez-vous incontournable du printemps artistique a repris ses quartiers sous la nef restaurée du Grand Palais. Entre exploration des signes et quête de résilience, cette 28e édition d’Art Paris s’affirme comme le miroir d’une époque qui cherche à panser ses plaies tout en réinventant ses modes d’expression.
Par Catherine Mintsa Tsogo
Paris, le 9 avril 2026 – Sous la lumière zénithale de la verrière historique, le bal des collectionneurs et des curieux a commencé. Avec 165 galeries venues de 25 pays, Art Paris 2026 ne se contente pas d’être une foire commerciale ; elle s’impose comme un laboratoire d’idées. Cette année, deux axes majeurs structurent le parcours, portés par des regards de commissaires engagés.

La Réparation : Pansurer le monde par l’art
Sous l’impulsion d’Alexia Fabre (directrice déléguée du Centre Pompidou Francilien), le thème de la « Réparation » irrigue les allées. Il n’est pas seulement question de restaurer des objets, mais de soigner les mémoires et de célébrer la résilience.
« Réparer, ce n’est pas effacer la blessure, c’est composer avec elle pour en faire un nouveau point de départ », a-t-on pu entendre lors des premières visites.
Le Fonds d’art contemporain de la Ville de Paris illustre parfaitement ce propos en présentant des œuvres restaurées qui interrogent notamment l’héritage colonial, transformant le geste technique de la restauration en un acte politique et poétique.
Babel : Quand le langage devient image
En parallèle, Loïc Le Gall explore avec « Babel » les liens entre l’art et le langage en France. À une époque saturée d’informations, les artistes sélectionnés redonnent du poids au signe, à la lettre et au silence, transformant l’alphabet en une matière plastique vibrante.
Échos de l’ouverture : Ce qu’ils ont dit
L’inauguration a réuni un parterre de personnalités du monde de la culture, des affaires et des arts. Voici quelques extraits marquants :
Guillaume Piens (Commissaire général d’Art Paris) :
« Art Paris a toujours eu cette double identité : être une foire de proximité, ancrée sur la scène française, et une fenêtre ouverte sur le monde. Revenir durablement au Grand Palais nous permet d’offrir aux artistes un écrin à la mesure de leurs ambitions, où la lumière elle-même devient un médium. »
Alexia Fabre (Commissaire invitée) :
« La création contemporaine est un rempart. En choisissant le thème de la réparation, nous avons voulu montrer que l’artiste est celui qui sait voir la beauté dans la cassure. C’est une édition qui invite à la douceur, au soin de l’autre et de notre environnement. »
Kamel Mennour (Galeriste présent à l’événement) :
« Il y a une énergie particulière cette année. On sent que le public a besoin de sens. L’art ne doit pas seulement être décoratif, il doit être une boussole. »

Les personnalités repérées sous la Nef
Parmi les allées, on a pu croiser des figures emblématiques comme la photographe Nan Goldin (dont la rétrospective fait sensation au même moment), le designer India Mahdavi, ou encore des collectionneurs de renom tels que Michel-Édouard Leclerc, fidèle soutien de la création contemporaine. On notait également la présence d’artistes majeurs comme Françoise Pétrovitch et Enki Bilal, venus saluer l’audace de cette programmation printanière.
Informations pratiques :
- Lieu : Grand Palais, Paris.
- Dates : Du 9 au 12 avril 2026.
- Thématiques : Babel – Art et langage en France et La réparation.
Art Paris confirme ainsi sa place de « foire humaine », accessible et exigeante, prouvant que sous la nef du Grand Palais, le cœur de l’art bat plus fort que jamais.



