Sorti en salles le 24 avril 2026, le biopic évènement consacré à Michael Jackson s’impose déjà comme un tournant de l’histoire du cinéma musical. Entre une performance habitée de Jaafar Jackson et une mise en scène au cordeau signée Antoine Fuqua, le film redéfinit le mythe de l’icône mondiale, malgré une critique divisée sur sa complexité narrative.
Une Incarnation Venue de l’Intérieur
Dès les premières secondes, le silence se fait. Ce n’est pas seulement le nom de Jackson qui porte le film, mais l’incroyable présence de son neveu, Jaafar Jackson. Pour ses débuts à l’écran, le jeune acteur réalise l’impossible : faire oublier l’imitation pour laisser place à l’incarnation. Sa gestuelle, d’une précision chirurgicale sur les séquences légendaires de Motown 25 ou du tournage de Thriller, est transcendée par un regard d’une vulnérabilité rare.
« Jaafar ne joue pas Michael, il devient le réceptacle de son âme, » murmure-t-on dans les couloirs des rédactions hollywoodiennes.

Le Succès des Chiffres, le Débat des Idées
Le public a répondu avec une ferveur électrique. Avec un démarrage record de 217 millions de dollars pour son premier week-end mondial, Michael a pulvérisé les scores de Bohemian Rhapsody. Cependant, cette « lettre d’amour » produite par Graham King ne fait pas l’unanimité chez les critiques.
Si la réalisation d’Antoine Fuqua est saluée pour sa fluidité et son esthétique léchée — digne des plus grands éditoriaux de mode — certains regrettent un scénario qui survole les zones d’ombre pour se concentrer sur le génie créatif. Le film s’arrête en 1988, à l’apogée du Bad World Tour, laissant le spectateur sur une note de triomphe absolu, mais laissant aussi les questions les plus complexes à la porte du studio.
Une Esthétique de la Pureté
Visuellement, le film est une leçon de minimalisme luxueux. Chaque plan semble avoir été composé pour une affiche d’art. La photographie de Dion Beebe joue sur des contrastes profonds : l’obscurité totale des coulisses face à l’or pur des projecteurs. C’est cette dualité qui fait la force du biopic — un portrait en clair-obscur d’un homme qui a passé sa vie à chercher la lumière sous le regard d’un monde qui ne l’a jamais vraiment compris.
En Bref :
- Réalisation : Antoine Fuqua
- Performance Star : Jaafar Jackson (Une révélation mondiale)
- Le Chiffre : 97M$ aux USA pour son ouverture (un record pour un biopic musical)
- L’Avis : Un spectacle visuel et sonore étourdissant qui célèbre l’artiste avant tout.
Le Roi de la Pop a de nouveau conquis le monde. Mais cette fois-ci, c’est à travers l’objectif d’une caméra qu’il nous rappelle pourquoi, dix-sept ans après sa disparition, son trône reste résolument inoccupé.



