Les actionnaires de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (Bdeac) ont approuvé la création d’un guichet islamique, marquant un tournant significatif pour l’inclusion financière dans la région Cemac.

Dans un tournant significatif pour le paysage financier de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac), les actionnaires de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (Bdeac) ont approuvé, le 30 septembre dernier, la création d’un guichet islamique au sein de l’institution. Cette décision, qui s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2023-2027 de la Bdeac, vise à élargir les interventions de la banque et à favoriser l’inclusion financière dans la région.
Adopté par le conseil d’administration de la Bdeac le 17 septembre 2024, le projet de création de ce guichet islamique a été ratifié lors de l’assemblée générale des actionnaires. Ce guichet fonctionnera parallèlement au guichet conventionnel qui, depuis la création de la banque en 1975, a financé le développement des secteurs public et privé. Cette initiative représente une opportunité pour la Bdeac de diversifier ses offres et d’attirer des clients souhaitant des solutions de financement conformes à la charia.
Dieudonné Evou Mekou, le directeur général de la Bdeac, a souligné que l’ouverture de cette fenêtre islamique reflète la volonté de l’institution d’élargir ses interventions en faveur des populations de la Cemac. La finance islamique se distingue de la finance conventionnelle par ses principes, interdisant le paiement d’intérêts, la spéculation et les activités illicites. En revanche, elle met l’accent sur le financement d’actifs tangibles, le partage des pertes et des profits, et la conformité à la charia.
L’établissement de ce guichet islamique intervient deux ans après l’adoption par les autorités monétaires de la Cemac d’un cadre juridique régissant cette activité. Pour opérer, toute institution désireuse de proposer des produits financiers islamiques doit obtenir l’agrément du régulateur bancaire. Parmi les produits islamiques que la Bdeac sera autorisée à proposer figurent la Mourabaha, Moussawama, Ijara, Salam, Istisna, Moudaraba et Moucharaka.
Bien que le calendrier de mise en œuvre et les modalités de fonctionnement du nouveau guichet n’aient pas encore été publiés, cette initiative s’inscrit dans un plan stratégique plus large visant à moderniser la Bdeac et à en faire un pilier du développement durable en Afrique centrale. Dans le cadre de ce plan, la Bdeac prévoit également de se soumettre à une évaluation par une agence de notation internationale pour faciliter la mobilisation de fonds sur les marchés internationaux.
Pour financer les projets de développement inscrits dans son plan stratégique, la Bdeac a besoin d’une enveloppe globale de 1 700 milliards de FCFA (environ 2,6 milliards d’euros). Ce montant est difficilement atteignable en se concentrant uniquement sur le marché domestique, d’où l’importance d’ouvrir de nouveaux guichets comme celui de la finance islamique.
L’approbation par les actionnaires de la Bdeac de la création d’un guichet islamique marque un développement positif pour le secteur financier de la Cemac. Cela représente une opportunité d’élargir l’accès aux services financiers pour une partie importante de la population, tout en répondant à la demande croissante de produits conformes aux principes islamiques. Avec cette initiative, la Bdeac se positionne comme un acteur clé dans la promotion de l’inclusion financière et le développement durable dans la région.