Yann Lorvo, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Cameroun et Directeur de l’Institut Français du Cameroun, partage sa perspective sur les projets culturels et de coopération franco-camerounais. Avec un investissement annuel d’environ 42 millions d’euros, les initiatives comme le PISCCA et le projet « Route des Chefferies » s’efforcent de promouvoir la culture et le développement local. M. Lorvo souligne l’importance des partenariats locaux et de la promotion des talents camerounais sur la scène internationale, tout en évoquant l’engagement continu de l’Institut Français en tant que catalyseur de créativité et d’innovation. :

Pouvez-vous nous donner un aperçu du nombre de projets financés à travers le PISCCA et du montant global investi jusqu’à présent ?
Environ 42 millions d’euros par an sont investis par l’ambassade de France au Cameroun, couvrant divers secteurs de coopération. Le PISCCA vise à travailler avec la société civile sur des sujets variés tels que la santé, l’environnement, ou les droits humains. Chaque année, des appels à projet sont lancés et nous collaborons étroitement avec nos partenaires camerounais pour définir et soutenir les priorités locales.
Êtes-vous satisfait des résultats obtenus grâce à ces financements et de la promotion de la culture camerounaise dans son ensemble ?
Notre satisfaction dépend du travail accompli avec nos partenaires locaux. Nous sommes là pour les soutenir dans leurs initiatives, qu’il s’agisse de préserver les forêts, promouvoir la culture ou développer des projets artistiques. Nous travaillons en partenariat avec les Camerounais, et c’est à eux d’évaluer les résultats obtenus. Nous cherchons toujours à construire une relation de partenariat mutuellement bénéfique.
Quelles sont vos relations avec le ministère de la culture du Cameroun ?
Nous entretenons de bonnes relations avec le ministère de la Culture et collaborons sur divers projets culturels. Actuellement, nous organisons une exposition d’un artiste numérique et préparons une grande exposition patrimoniale sur les cultures du nord et de l’extrême nord. Notre objectif est de travailler avec toutes les parties prenantes, qu’il s’agisse d’institutions publiques ou privées, pour promouvoir la richesse culturelle du Cameroun.
Pourriez-vous nous parler de l’investissement réalisé dans le projet « Route des Chefferies » et du nombre d’artistes accompagnés ?
Le projet « Route des Chefferies » a été une expérience enrichissante sur une durée de 4 ans. Nous avons travaillé avec une association basée à Nantes et au Cameroun, mettant en valeur les traditions tout en donnant une voix à la jeunesse. Cette initiative a permis de rassembler plus de 300 000 visiteurs, et a également conduit à la création du « Focus Cameroun », mettant en lumière les jeunes artistes contemporains du pays.
Parmi tous les événements culturels que vous avez soutenus au Cameroun, lequel vous a le plus marqué positivement et pourquoi ?
Chaque événement est important à sa manière, mais le « Focus Cameroun » est particulièrement marquant. Il offre une plateforme aux jeunes talents, leur permettant de s’exprimer à l’international. C’est un exemple concret de notre engagement à soutenir la créativité et l’innovation au Cameroun.
Vous avez exprimé le souhait que l’Institut Français du Cameroun soit la maison des artistes. Quel est l’objectif final derrière cette vision ?
L’Institut Français du Cameroun est déjà un lieu dynamique, ouvert à tous. Notre objectif est de continuer à encourager et soutenir les talents locaux, qu’il s’agisse d’artistes, de créateurs ou d’entrepreneurs. Nous voulons être un catalyseur pour l’expression artistique et la créativité camerounaise.
A propos de « Focus Cameroun à Paris », Pouvez-vous nous donner une idée du coût de ce voyage pour l’Institut Français du Cameroun ?
Le projet « Focus Cameroun » représente un investissement d’environ 70 à 80 mille euros pour l’Institut Français du Cameroun. C’est un effort financier significatif, mais nous croyons fermement à l’importance de promouvoir la culture camerounnaise à l’international.
Y aura-t-il un focus Cameroun IV ?
L’avenir nous le dira. Nous sommes ouverts à de nouvelles opportunités de collaboration et à la mise en avant des artistes camerounais. Nous continuerons à explorer de nouvelles pistes pour renforcer les liens culturels entre la France et le Cameroun.
cet entretien avec Yann Lorvo met en lumière la richesse des initiatives culturelles et de coopération franco-camerounaises. À travers des projets tels que le PISCCA, la « Route des Chefferies » ou le « Focus Cameroun », une collaboration dynamique émerge, favorisant l’épanouissement des talents locaux et le renforcement des liens entre la France et le Cameroun. En tant que maison des artistes et espace d’échange culturel, l’Institut Français du Cameroun incarne cet engagement pour la promotion de la diversité et de la créativité. Alors que de nouvelles opportunités se dessinent à l’horizon, cet élan de coopération continue d’ouvrir des perspectives prometteuses pour l’avenir de la culture camerounaise sur la scène mondiale.

Propos recueillis par Kathy Mintsa, @CemacEcoFinance