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Daniel Molongadzeyi au défi de la relance des activités dans le Port Autonome de Brazzaville

L’expert-comptable et contrôleur de gestion, Daniel Molongadzeyi, a été nommé à la tête de l’entreprise publique, le 24 décembre dernier, à l’issue du conseil des ministres. Daniel Molongadzeyi remplace à ce poste Pierre Bossoto décédé en juillet dernier des suites d’une courte maladie.

Le nouveau patron du Port autonome de Brazzaville et ports secondaires(Pabs) hérite d’une entreprise en pleine crise liée à la basse des activités portuaires. Cet établissement public fait également face depuis quelques années à un cumul de dettes fiscales estimées à plus de trois milliards de francs CFA.  

Selon ADIAC, Les partenaires sociaux critiquent la direction de l’entreprise pour des manquements dans la gestion du patrimoine et du personnel.  Ils évoquent le blocage dans les avancements en échelon et en grade des agents conformément à la convention collective ;  la non revalorisation du point d’indice 140. Les syndicats critiquent surtout la spoliation d’une partie du domaine du port, l’existence des ports parallèles, à l’origine de la baisse des recettes portuaires.  

Le port de Yoro, dans le sixième arrondissement de la capitale, se trouve dans un état de dégradation; le quai du port des pêcheurs et commerçants étant menacé par une érosion. Ce port secondaire constitue l’un des principaux points d’entrée des denrées alimentaires de Brazzaville et des produits de pêche. Malgré les animations observées au niveau du port, l’inquiétude est palpable parmi les usagers.

Depuis 2018, ce site devrait être modernisé grâce à un financement de l’Agence marocaine de coopération internationale, soit environ deux milliards de francs CFA. De nombreux riverains s’interrogent au sujet du démarrage effectif des travaux d’élargissement du débarcadère du port. L’ouvrage annoncé pourra comporter des zones d’activités, de commercialisation et de transformation des produits de pêche sur une superficie d’un hectare sept cents mètres. Il est prévu la construction d’une cinquantaine de magasins, de deux ateliers de mécanique et de réparations de pirogues,  d’une chambre froide et d’une fabrique de glace.

Plus de trois ans ,après sa mise en service, le port secondaire d’Oyo peine à se dynamiser, en raison de l’absence de certaines redevances et des textes fondamentaux. Lors d’une rencontre avec la ministre de tutelle, Ingrid Ghislaine Olga Ebouka-Babackas, le 24 octobre dernier, le personnel du port avait sollicité un soutien du gouvernement pour pouvoir booster les activités portuaires. Les gestionnaires du port réclamaient aussi une autonomie de gestion afin d’améliorer la performance et les recettes portuaires.

Réalisé grâce à un cofinancement du Congo (20%) et de la Chine (80%), à hauteur de 50 milliards de francs CFA, le port d’Oyo est doté d’un quai de 440 mètres linéaires. Il est censé faciliter l’acheminement des produits vers Brazzaville, les villes de Kinshasa et Kisangani(RDC) ou encore vers Bangui (RCA). À partir du port d’Oyo, on peut également atteindre facilement le Gabon et la région sud du Cameroun.

Optimiser les infrastructures existantes

Les réformes du secteur de transport fluvial, amorcé depuis quelques années, méritent d’être consolidées. Au  niveau du Pabs, quatre nouvelles grues( deux de 40 tonnes et deux autres de 6 tonnes) ont été installées en novembre 2019, en remplacement des grues vétustes. Grâce à ces équipements modernes, le Port de Brazzaville devrait être en mesure d’offrir à ses clients, à savoir des armateurs, exploitants forestiers, industriels et négociants, les meilleures conditions d’accès au port et de transit des marchandises.

Estimées à dix millions d’euros, soit environ 6,5 milliards de francs CFA, les quatre grues polyvalentes, livrées grâce à un financement de l’Union européenne) devraien,t par ailleurs, accroître la capacité opérationnelle du port et faciliter le trafic, notamment entre le Congo et ses deux voisins, la Centrafrique et la République démocratique du Congo(RDC).

L’objectif du projet voulu par la partie congolaise est de relancer l’activité économique du port, en y intégrant des études de faisabilité, missions d’expertise, renforcement et rénovation de plus d’un kilomètre de quais.

Les grues de quarante tonnes sont conçues pour manipuler des conteneurs de vingt à quarante pieds, des grumes et du sable, explique le responsable du projet, Aimé Blaise Nitoumbi. Les machines sont déployées sur un quai lourd avec une course de translation d’environ 200 m. Les autres grues de taille moyenne peuvent se déplacer sur une distance de 160 m et sont également dotées d’un système d’alimentation électrique.