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À Paris, LE CLUB pose les fondations d’une nouvelle économie du cinéma afro-caribéen

Le 7 mai 2026, à l’EICAR Paris, s’est tenue la première édition de LE CLUB by L’Afrique Fait Son Cinéma — un format inédit qui ambitionne de devenir le hub de référence mondial pour la coproduction et le financement du cinéma africain et caribéen. Bien plus qu’un événement, c’est l’acte de naissance d’une infrastructure de marché que le secteur attendait depuis longtemps.

Un événement, et une bascule

Sept heures de programmation dense. Trois partenaires fondateurs — l’EICAR (The International Film & Television School), Gate Africa et la Horyou Foundation. Des deal rooms structurées, une infrastructure juridique sur place, et surtout : une concentration inédite de décideurs internationaux du cinéma — producteurs, distributeurs, plateformes de diffusion, sponsors, juristes — réunis non pour célébrer mais pour signer.

C’est ce qui distingue LE CLUB des centaines de festivals, marchés et rencontres professionnelles qui jalonnent l’année du cinéma africain. Là où la plupart de ces rendez-vous se contentent de programmer des œuvres ou de favoriser la rencontre, LE CLUB fait un pas de plus : il met en place l’infrastructure contractuelle qui transforme une intention de coproduction en accord signé, sans rupture, le jour même.

Cette différence n’est pas symbolique. Elle est structurelle. Et elle change la donne pour un secteur qui souffre depuis longtemps d’un déficit non pas de talents — il en regorge — mais de canaux pour les convertir en actifs économiques.

LE CLUB : la place de marché que l’industrie attendait

Le positionnement de LE CLUB est clair : devenir, à horizon 2028, la référence mondiale de la coproduction et du financement du cinéma afro-caribéen. Pour y parvenir, l’initiative s’appuie sur trois leviers que peu d’acteurs ont su combiner jusqu’ici.

Premier levier : un format calibré pour la décision. En une journée intensive, les porteurs de projets sélectionnés pitchent devant un panel curaté de décideurs. Les rencontres bilatérales s’enchaînent dans des deal rooms équipées. Les avocats spécialisés présents sur place permettent de formaliser, sécuriser ou conclure les accords dès qu’ils se dessinent. Le format est inspiré des grandes places de marché de l’industrie — Marché du Film de Cannes, Berlinale Co-Production Market, Producers Network — mais entièrement repensé pour le contexte afro-caribéen et la dimension francophone.

Deuxième levier : une chaîne de valeur intégrée. LE CLUB n’a pas vocation à n’être qu’un point de rencontre. Il structure une suite complète d’offres : pitch et matching de projets, ingénierie de coproduction, facilitation de pré-achats par les plateformes digitales, et — innovation notable — un programme dédié au placement produit baptisé The Cinebrand Experience, qui ouvre les contenus afro-caribéens aux investissements des marques panafricaines et internationales. Cette intégration verticale est ce qui permettra à LE CLUB de monétiser sa valeur ajoutée à plusieurs étages de la chaîne, et donc d’être économiquement viable sur la durée.

Troisième levier : une ambition explicite de référence mondiale. L’objectif annoncé est de tenir quatre éditions par an à horizon 2028 — deux à Paris, une en Afrique (Lagos, Johannesburg, Abidjan ou Dakar sont à l’étude), une dans les Caraïbes ou les Amériques. À terme, l’initiative vise un volume de 200 à 400 projets pitchés chaque année, un taux de conversion en coproductions signées d’au moins 15 %, et une valeur cumulée de deals issus du Club évoluant de 10 millions d’euros à 50 millions d’euros sur trois ans.

Ces chiffres ne sont pas des promesses en l’air : ils sont indexés sur un modèle économique structuré autour de six piliers de revenus complémentaires — adhésions annuelles tarifées par tier, événementiel et sponsoring d’édition, success fees sur les deals conclus, programme Cinebrand, éditorial et formation (LE CLUB Academy à venir), et subventions publiques (CNC, OIF, Creative Europe MEDIA, CANEX/Afreximbank).

L’Afrique Fait Son Cinéma : un écosystème mature qui s’industrialise

Pour comprendre pourquoi LE CLUB peut prétendre à cette ambition, il faut le replacer dans son écosystème d’appartenance. L’Afrique Fait Son Cinéma n’est pas une jeune pousse : c’est une structure dotée d’un track record substantiel, qui se professionnalise et se diversifie depuis sept ans.

Le Festival historique constitue le pilier fondateur. Sept éditions, plus de 4 000 festivaliers cumulés, 65 films diffusés sur la seule édition 2025, des partenariats médias structurants avec France 24, RFI, TV5 Monde et BFM TV, et 500 millions d’impressions médias cumulées. Membre du Pacte Mondial des Nations Unies depuis 2021, l’organisation a construit la légitimité culturelle et la visibilité médiatique qui rendent aujourd’hui crédible son passage à une dimension industrielle.

À ce socle s’ajoutent progressivement d’autres briques :

The Market, le volet économique adossé au festival, constitue le point de rencontre étendu entre les œuvres et le marché. Espace d’exposition, salons de networking, programmes de mentorat — The Market prolonge l’expérience festivalière par une couche professionnelle, et nourrit naturellement le pipeline de projets qui alimentera LE CLUB.

The Cinebrand Experience, présenté à l’occasion du lancement de LE CLUB, formalise la relation entre marques et contenus. Le placement produit en Afrique reste un terrain largement sous-exploité alors même que les grandes marques panafricaines — Orange, MTN, Castel, Bolloré, Heineken Africa, Dangote — cherchent activement des narratifs authentiques et différenciants. Cinebrand entend devenir l’interface structurée entre cette demande des marques et l’offre des productions afro-caribéennes.

Le pôle communication et éditorial, enfin, prolonge la couverture médiatique du festival dans une logique éditoriale continue — réseaux sociaux, presse spécialisée, contenus longs, et un White Paper annuel à venir qui ambitionne de devenir la référence de l’état du cinéma afro-caribéen.

La place de LE CLUB dans cet ensemble

L’élégance du dispositif tient dans la circulation entre ces pôles. LE CLUB n’est pas une excroissance du festival : il en est le débouché économique naturel, et il alimente en retour les autres départements.

Le Festival identifie les œuvres et les talents, génère la couverture médiatique et nourrit la communauté. The Market approfondit la dimension professionnelle et trie les projets matures. LE CLUB convertit ces projets en deals signés, à travers un format B2B exigeant. Cinebrand Experience ouvre une ligne de financement complémentaire via les marques. Le pôle éditorial documente, analyse et amplifie l’ensemble — créant l’autorité intellectuelle qui consolide la réputation de l’écosystème.

Concrètement : un projet repéré au festival peut être présenté à The Market, structuré dans le programme de mentorat, pitché à LE CLUB, financé en partie par une intégration produit Cinebrand, et raconté ensuite dans le White Paper. Cette continuité — du repérage au financement, en passant par la professionnalisation et la mise en marché — est précisément ce qui manquait au cinéma afro-caribéen.

L’industrie cinématographique repose, partout dans le monde, sur ce type de chaîne intégrée. Hollywood l’a construite il y a un siècle, le système français autour du CNC et des marchés de Cannes l’a perfectionnée, le modèle indien et nigérian (Nollywood) l’a réinventée à sa manière. Le cinéma afro-caribéen, pourtant adossé à un bassin démographique et culturel parmi les plus dynamiques au monde, en était jusqu’ici dépourvu. C’est cette infrastructure que LE CLUB et ses départements associés entendent désormais bâtir.

L’angle économique : pourquoi cette infrastructure intéresse la finance

Pour un public de décideurs économiques et financiers, l’enjeu dépasse la seule question culturelle. Le continent africain compte 1,4 milliard d’habitants. Pris ensemble, l’Afrique et la Caraïbe représentent l’un des bassins de consommation audiovisuelle les plus dynamiques du monde — porté par la pénétration accélérée du mobile, l’essor des plateformes locales (Showmax, Trace, Iroko, Canal+ Afrique), et la demande croissante des géants internationaux (Netflix, Amazon Prime Video, Disney+) pour des contenus authentiques et différenciants.

Pourtant, le cinéma africain représente aujourd’hui moins de 5 % du marché audiovisuel mondial en valeur. Cet écart entre potentiel et réalisation effective constitue précisément l’opportunité d’investissement que des initiatives comme LE CLUB cherchent à capter. Les pré-achats par les plateformes internationales, qui atteignent désormais des montants à six ou sept chiffres par projet pour les productions afro-caribéennes de qualité confirmée, prouvent que le marché financier suit — pour peu qu’il dispose des bons canaux.

C’est ici que les bailleurs publics, les family offices afro-européens, les fonds d’impact culturel et les investisseurs institutionnels sont attendus. LE CLUB cherche actuellement à boucler une levée seed de 250 à 400 000 euros pour financer son scaling sur 24 mois. Au-delà de cette première phase, l’initiative envisage une série A à l’horizon 2028, lorsque les indicateurs de performance — adhésions premium, success fees récurrents, taux de conversion des deals — auront prouvé la robustesse du modèle.

La suite

L’édition du 7 mai n’était que le point de départ. La deuxième édition est attendue à l’automne 2026, toujours à Paris. La troisième, courant 2027, devrait inaugurer le déploiement géographique avec une session sur le continent africain. À l’horizon 2028, l’objectif de quatre éditions annuelles pleinement opérationnelles devrait coïncider avec la publication du premier index annuel quantifié du cinéma afro-caribéen — outil éditorial conçu pour devenir la référence sectorielle.

Au-delà des chiffres, c’est une vision que porte cette initiative : faire émerger une institution capable de structurer durablement un secteur qui, jusqu’ici, opérait sans infrastructure de marché. Une institution adossée à un écosystème mature, alignée avec les engagements du Pacte Mondial des Nations Unies, et résolument tournée vers l’international.

« Le cinéma afro-caribéen ne manque pas de talents. Il manque de canaux. LE CLUB est ce canal. »

Au moment où l’économie culturelle s’impose, partout, comme un levier stratégique de soft power, de souveraineté narrative et de création de valeur économique, la naissance de LE CLUB constitue plus qu’une bonne nouvelle pour le cinéma. Elle constitue un signal pour les investisseurs, les institutions et les décideurs : l’industrie afro-caribéenne du contenu entre dans une phase d’institutionnalisation. Et Paris s’impose, une fois encore, comme le carrefour où cette transformation prend forme.