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SAS 2026 : à Paris, les grandes voix de la finance, de l’économie et de la diplomatie mobilisées pour l’Afrique des solutions

Wilfrid Lauriano Do Rego, Didier Acouetey, Bruno Fuchs, Denise Epoté, Tarak Cherif, Mohamadou Diallo… La quatrième édition de la Semaine l’Afrique des Solutions réunit à Paris un remarquable plateau de décideurs et d’experts internationaux. Au-delà du prestige des personnalités annoncées, un enjeu majeur : transformer l’innovation africaine en opportunités économiques, en investissements productifs et en croissance durable.

Paris, 23 octobre 2026 — CEMAC-ECO.FINANCE | Économie & Développement

L’Afrique ne manque ni d’idées, ni de talents, ni d’ambitions. Ce qui lui fait encore trop souvent défaut, ce sont les passerelles permettant de transformer ses innovations en entreprises solides, ses initiatives en marchés structurés et son potentiel en prospérité partagée.

C’est autour de cette conviction que s’ouvre, ce vendredi 23 octobre, la quatrième édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), organisée jusqu’au 24 octobre à la mairie du 16ᵉ arrondissement de Paris.

Placée sous le thème « Génération Solutions : l’Afrique qui crée, ose et transforme », cette rencontre internationale entend dépasser les discours convenus sur le développement du continent pour donner la parole à celles et ceux qui inventent, financent, accompagnent et déploient des réponses concrètes aux grands défis africains.

Mais cette édition 2026 se distingue surtout par la qualité et la diversité des personnalités inscrites à son programme. Des institutions financières panafricaines aux réseaux patronaux, des sphères diplomatiques aux industries numériques, plusieurs figures d’influence sont attendues dans la capitale française.

Leur point commun : disposer, chacune dans son domaine, de réseaux, d’une expérience et d’une capacité de mobilisation susceptibles de donner une nouvelle dimension aux solutions africaines.

Wilfrid Lauriano Do Rego : l’intégration économique africaine au cœur des débats

Parmi les personnalités les plus attendues figure Wilfrid Lauriano Do Rego, expert financier béninois et acteur reconnu de la diplomatie économique entre l’Afrique et l’Europe.

Ancien président du conseil de surveillance de KPMG France et ancien coordonnateur du Conseil présidentiel pour l’Afrique auprès de la présidence française, il préside désormais le conseil d’administration de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA).

Sa nomination, annoncée en juin 2026 par la Banque africaine de développement, intervient dans le cadre d’un projet d’infrastructure stratégique destiné à renforcer l’intégration de cinq économies ouest-africaines.

Son intervention programmée à la cérémonie de clôture donne à la SAS une portée qui dépasse les frontières de l’entrepreneuriat individuel.

Car derrière l’innovation se pose une question fondamentale : comment construire les infrastructures, les circuits commerciaux, les chaînes logistiques et les mécanismes de financement indispensables à la croissance des entreprises africaines ?

L’expérience de Wilfrid Lauriano Do Rego offre précisément une lecture de ces enjeux à l’échelle continentale.

Pour les économies d’Afrique centrale, confrontées elles aussi aux défis de l’intégration régionale et de la fluidité des échanges, cette perspective mérite une attention particulière.

Didier Acouetey : la nouvelle architecture du financement africain

Autre figure majeure annoncée, Didier Acouetey, fondateur du groupe AfricSearch et conseiller spécial du président de la Banque africaine de développement, chargé de la coordination de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).

Entrepreneur, spécialiste du capital humain et connaisseur des écosystèmes économiques africains, Didier Acouetey intervient à un moment où la question du financement du développement connaît de profondes mutations.

L’ambition portée par la NAFAD consiste notamment à mieux mobiliser les ressources africaines, les capitaux institutionnels, les investissements privés et les contributions des diasporas afin de réduire les insuffisances structurelles du financement du continent.

Sa participation annoncée à la clôture représente donc un signal particulièrement intéressant.

Elle rapproche symboliquement les porteurs de projets d’un univers financier dans lequel se décident les modalités de structuration et d’accompagnement des investissements de grande ampleur.

Pour les jeunes entreprises africaines, le véritable défi n’est plus seulement de convaincre de l’originalité d’une idée. Il consiste à présenter des modèles économiques viables, des perspectives de rentabilité crédibles et des impacts démontrables.

C’est précisément sur ce terrain que la SAS entend faire évoluer son positionnement : passer de la valorisation des initiatives à la création d’opportunités de développement.

Bruno Fuchs : une dimension diplomatique et institutionnelle affirmée

La présence au programme de Bruno Fuchs, président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, confère à cette édition une dimension institutionnelle notable.

Son intervention est annoncée lors de la cérémonie de clôture du samedi 24 octobre.

Dans un contexte de recomposition des relations économiques entre l’Afrique et ses partenaires internationaux, les questions d’investissement, de coopération technologique et de partenariats industriels occupent une place croissante dans les débats.

La participation annoncée d’un responsable parlementaire français de ce niveau souligne l’intérêt des rencontres qui dépassent les seuls échanges commerciaux et intègrent les enjeux de diplomatie économique.

Elle illustre également la place particulière que Paris continue d’occuper comme espace de dialogue entre les institutions européennes, les entreprises africaines et les diasporas.

Tarak Cherif : l’entreprise africaine comme moteur de transformation

Le monde patronal sera notamment représenté par Tarak Cherif, entrepreneur tunisien, fondateur et président d’honneur de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT).

Également engagé dans les réseaux de coopération économique euro-méditerranéens, il incarne une approche entrepreneuriale fondée sur l’initiative privée, la compétitivité et l’ouverture internationale.

Son intervention est prévue lors de la présentation stratégique des projets structurants de la SAS.

L’intérêt de son parcours réside dans sa connaissance des mécanismes de représentation patronale, de coopération entre entreprises et de rapprochement des milieux d’affaires.

Pour de nombreuses PME africaines, l’accès à un réseau professionnel, à un partenaire industriel ou à un marché extérieur peut se révéler aussi déterminant qu’une première levée de fonds.

La présence annoncée de Tarak Cherif rappelle ainsi une réalité essentielle : le développement économique africain ne dépend pas uniquement des politiques publiques. Il repose également sur la capacité du secteur privé à s’organiser, à investir et à coopérer au-delà des frontières nationales.

Denise Epoté et Mohamadou Diallo : l’influence des médias dans la transformation économique

La Semaine l’Afrique des Solutions accorde une place centrale à la circulation de l’information, à la crédibilité des récits et à la visibilité internationale des innovations.

Dans ce domaine, Denise Epoté constitue l’une des personnalités les plus emblématiques du programme.

Pionnière de l’audiovisuel camerounais, première femme à présenter le journal télévisé national dans son pays en 1985, elle a ensuite construit une carrière internationale particulièrement remarquable à TV5MONDE, où elle a exercé d’importantes responsabilités de direction avant son départ à la retraite en janvier 2026.

Son parcours symbolise l’influence acquise par une génération de professionnels africains capables de porter la voix du continent sur les grandes plateformes médiatiques internationales.

À ses côtés, le programme annonce Mohamadou Diallo, fondateur de CIO Mag, initiateur du Digital African Tour et des Africa CIO Awards.

À travers ces initiatives, ce dernier contribue depuis plusieurs années à structurer le dialogue entre dirigeants des systèmes d’information, entreprises technologiques, institutions et acteurs de la transformation numérique africaine.

Le rapprochement de ces deux profils est particulièrement significatif.

Dans une économie mondialisée, la visibilité médiatique ne constitue pas seulement un enjeu d’image. Elle peut favoriser la notoriété d’une entreprise, attirer des partenaires, rassurer des investisseurs et ouvrir l’accès à de nouveaux marchés.

Encore faut-il que cette visibilité repose sur une information sérieuse, documentée et vérifiable.

C’est l’un des principes que défend la SAS en faisant du journalisme de solutions un pilier de sa démarche.

Finance digitale, santé et innovation : des intervenants au plus près des réalités économiques

Au-delà des personnalités institutionnelles, plusieurs experts et entrepreneurs inscrits au programme illustrent le potentiel des secteurs africains en transformation.

Nadia Yakhelef, responsable de l’unité Financement et Économie de la santé d’Africa CDC, institution spécialisée de l’Union africaine, apportera un éclairage sur les défis du financement durable des systèmes de santé et de la montée en puissance des innovations médicales.

Bruno Guivarch, responsable de l’engagement client chez Orange Money Europe, figure également parmi les intervenants annoncés. Sa participation met en perspective le rôle des transferts financiers et des services numériques dans les échanges économiques entre l’Europe, l’Afrique et ses diasporas.

Coomlan Emmanuel Marc Ebo, directeur général d’Africaine des Finances, société agréée par l’AMF-UMOA, présentera quant à lui une vision tournée vers la démocratisation de l’épargne, de l’investissement et de l’accès aux marchés financiers.

La SAS accueillera également, selon son programme, des représentants d’InsurAngels Africa, un réseau mobilisé autour de l’accompagnement des startups et de l’innovation dans les secteurs de l’assurance et de la finance numérique.

Cette diversité d’expertises permet d’aborder une question centrale pour l’avenir économique du continent : comment relier les innovations technologiques aux besoins réels des populations tout en construisant des modèles financiers pérennes ?

Cameroun, Gabon : l’Afrique centrale également à l’honneur

Pour les lecteurs de CEMAC-ECO.FINANCE, la participation annoncée de plusieurs personnalités liées à l’Afrique centrale représente un intérêt particulier.

Parmi elles, Pierre-François Kamanou, entrepreneur et ingénieur franco-camerounais, fondateur de GTS Africa et ancien directeur général de Telecel Gabon.

Pionnier des télécommunications mobiles, il a accompagné l’essor des réseaux GSM africains avant de développer des solutions destinées à améliorer les services numériques et les communications des entreprises.

Son parcours, entre le Cameroun, le Gabon et les marchés internationaux, illustre la capacité des compétences issues de la sous-région à contribuer aux transformations technologiques du continent.

Autre intervenant attendu, Philippe Chandezon, président de l’Association gabonaise des agents immobiliers et dirigeant du Bureau international de conseil et de promotion (BICP).

Son action s’inscrit dans un secteur immobilier gabonais confronté aux enjeux de professionnalisation, de régulation et d’accès au logement.

En janvier 2026, les autorités gabonaises avaient notamment évoqué avec lui les perspectives d’implication des professionnels immobiliers dans le développement du logement social.

Au-delà de ces deux entrepreneurs, Denise Epoté apporte à cette édition une représentation camerounaise particulièrement prestigieuse dans le domaine des médias.

Ces parcours rappellent que les pays de la CEMAC disposent de compétences reconnues dans des secteurs à forte valeur ajoutée, des télécommunications à l’immobilier, en passant par les industries médiatiques.

La question est désormais de savoir comment ces expériences individuelles peuvent contribuer à renforcer des écosystèmes économiques régionaux plus intégrés, plus compétitifs et davantage tournés vers l’innovation.

Léonce Houngbadji : transformer un événement en écosystème permanent

Derrière cette mobilisation se trouve Léonce Houngbadji, journaliste et entrepreneur béninois, fondateur de l’association Notre Voix et initiateur de la Semaine l’Afrique des Solutions.

Depuis le lancement de l’événement en 2023, sa démarche s’inscrit dans une volonté de modifier la manière dont les réalités africaines sont présentées et analysées.

Mais son ambition ne consiste pas simplement à promouvoir un discours optimiste sur le continent.

Dans un entretien accordé à Afrimag le 10 octobre 2026, il résumait sa philosophie en une formule particulièrement éclairante :

« La visibilité n’est pas la valeur. Elle est un levier pour faire connaître la valeur lorsqu’elle existe. »

Cette distinction est essentielle.

Elle signifie que la réussite d’une innovation ne peut être appréciée à la seule lumière de sa médiatisation. Elle doit être évaluée au regard de son utilité, de ses résultats concrets, de sa capacité à durer et des conditions nécessaires à son déploiement.

Pour l’édition 2026, les organisateurs annoncent environ 100 intervenants, 100 solutions mises en valeur et une représentation internationale couvrant une quarantaine de pays.

Le programme prévoit également la présentation de huit projets structurants parmi une vingtaine d’initiatives portées par la SAS.

Parmi les ambitions affichées figurent la création d’une École panafricaine de journalisme de solutions, le développement d’un groupe international de presse consacré aux innovations africaines, un musée numérique des solutions africaines et différents mécanismes de mise en relation entre talents, mentors et investisseurs.

Autant de projets qui traduisent la volonté de prolonger l’événement au-delà de ses deux journées parisiennes.

Le véritable défi sera naturellement de transformer ces annonces en dispositifs opérationnels, dotés de ressources, d’une gouvernance et d’objectifs mesurables.

De la reconnaissance à l’investissement : le véritable test de la SAS 2026

Avec son Forum des Solutions Africaines, ses présentations de startups, ses rencontres entre professionnels, ses ateliers et sa soirée des Solutions Awards, la quatrième édition entend conjuguer reconnaissance des talents et création de valeur économique.

Le rassemblement de personnalités telles que Didier Acouetey, Wilfrid Lauriano Do Rego, Tarak Cherif, Denise Epoté ou Mohamadou Diallo constitue indéniablement un atout.

Mais la force durable de ce type de plateforme ne se mesurera pas uniquement au prestige de ses intervenants.

Elle dépendra de sa capacité à faire émerger des financements, à faciliter des partenariats solides, à accompagner les entreprises vers de nouveaux marchés et à produire des résultats vérifiables.

Dans une Afrique confrontée à d’importants besoins de financement, l’enjeu est de construire des passerelles concrètes entre ceux qui innovent, ceux qui investissent et ceux qui décident.

C’est peut-être là que réside la véritable promesse de la Semaine l’Afrique des Solutions : faire en sorte que l’Afrique ne soit plus seulement reconnue pour l’étendue de son potentiel, mais aussi pour sa capacité à transformer ce potentiel en puissance économique.

À Paris, les 23 et 24 octobre 2026, cette ambition sera mise à l’épreuve des rencontres, des projets et des engagements.

Et au-delà des discours, une question demeurera : combien de ces solutions trouveront les moyens de grandir, de franchir les frontières et de transformer durablement les économies africaines ?