Collaboratrice d’Eugène Cissé chez Malya Capital, société de bourse agréée par la COSUMAF le 25 juin 2026, cette spécialiste du droit financier et des marchés de capitaux passée par les grandes maisons de la place de Paris porte avec lui la stratégie diaspora de la jeune maison de Douala. Portrait d’une passeuse entre les standards européens et les réalités de la CEMAC.
Une passeuse entre La Défense et Bonadiwoto
Sur la photo qui accompagne l’entretien accordé par Eugène Cissé à AfricaPresse.Paris, en marge du IVe Économie Business Summit de Paris-La Défense, elle se tient à ses côtés. La légende est sobre : « Eugène CISSÉ et sa collaboratrice Davina SIMEN ». Dans le texte, le fondateur de Malya Capital est plus explicite : « Notre stratégie repose sur trois piliers fondamentaux portés par Davina SIMEN et moi-même. »
Davina Simen n’apparaît pourtant ni sur l’organigramme de la plaquette de Malya Capital ni sur son site, où ne figurent que le président du conseil d’administration, Jean-Claude Ngbwa, et l’administrateur directeur général, Eugène Cissé Kouoh. Son rôle est d’une autre nature : celui d’une experte qui conçoit, avec le dirigeant, l’architecture d’investissement destinée aux épargnants de la diaspora. Le dossier de presse diffusé à Paris en septembre 2026 le dit en une phrase : « Avec Davina Simen, Malya Capital travaille à établir une passerelle opérationnelle entre les épargnants de la diaspora et le marché financier sous-régional. »
Une passerelle : le mot résume aussi son parcours. Juriste de formation, rompue aux opérations des grandes banques et cabinets parisiens, elle s’est tournée vers l’Afrique centrale, dont elle suit de près les débats de place. Entre la tour de La Défense et l’immeuble SPELT One de Bonadiwoto, à Douala, où Malya Capital a installé son siège, elle fait circuler ce qui manque le plus au marché régional : une culture de l’exécution.
Un parcours forgé entre le droit et la salle des marchés
Diplômée en droit des affaires et en fiscalité d’entreprise, titulaire d’un MBA en droit des affaires et finance internationale, Davina Simen est certifiée AMF, l’examen de l’Autorité des marchés financiers imposé en France aux professionnels qui conseillent ou négocient des instruments financiers. Selon la notice publiée par AfricaPresse.Paris en juin 2026, elle prépare en parallèle un Executive Master en asset management et droit financier à l’IAE Paris. Elle n’a donc pas cessé d’apprendre, même une fois installée dans le métier.
Son parcours professionnel passe par quatre maisons de référence : le cabinet d’avocats Racine, BDO France, la Française des Jeux (devenue FDJ United) et Société Générale, où elle a exercé comme juriste affaires spéciales. Le dossier de presse de Malya Capital détaille le périmètre couvert : structuration de financements, opérations de haut de bilan, corporate finance, private equity, fusions-acquisitions et gouvernance des véhicules d’investissement. Côté gestion d’actifs, elle a travaillé sur les OPCVM et les fonds alternatifs, avec leurs volets conformité, gestion des risques, conditions de commercialisation et protection des investisseurs.
C’est un profil hybride, à la frontière du droit et de la finance, que l’on croise dans les directions juridiques des banques d’investissement européennes bien plus que dans les sociétés de bourse de la CEMAC. C’est précisément ce qui fait son intérêt pour Malya Capital : là où le marché régional a longtemps manqué de produits lisibles et documentés, elle apporte la grammaire des opérations telles qu’on les monte, puis qu’on les sécurise, sur les grandes places.
Le post-marché, école de la confiance
Chez Société Générale, Davina Simen est intervenue sur les financements structurés et sur les opérations post-marché : compensation, règlement-livraison, collatéralisation, conservation des actifs. Ce sont les coulisses de la finance, invisibles pour l’investisseur mais décisives pour lui. C’est là que l’on sait si les titres achetés ont réellement été livrés, si les garanties existent, si les flux peuvent être retracés.
Le dossier de presse de Malya Capital en tire une thèse qui sonne comme une profession de foi : « la valeur d’une offre d’investissement repose autant sur sa stratégie d’allocation que sur la fiabilité de sa mise en œuvre, de son suivi et de son reporting ». Appliquée à la diaspora, cette culture de l’exécution devient une liste d’exigences que l’experte connaît pour les avoir vues appliquées aux investisseurs internationaux : lisibilité de la stratégie, qualité de l’information financière, transparence sur les risques, traçabilité des flux, gouvernance des projets, reporting régulier.
Elle transmet aussi cette matière. Selon le même document, elle intervient comme formatrice experte en réglementation financière et post-marché auprès de First Finance, à Paris, sur les textes européens EMIR, MiFID II et MiCA et sur les infrastructures de marché. Autrement dit, elle enseigne à des professionnels européens les règles que les épargnants de la diaspora, installés en France, considèrent comme le standard minimal de protection. C’est exactement ce standard que Malya Capital devra tenir si elle veut les convaincre.

Une voix dans le débat régional
Davina Simen n’est pas seulement une technicienne. Le 27 juin 2026, AfricaPresse.Paris publiait sa tribune « Marchés de capitaux et souveraineté africaine : de la dépendance budgétaire à l’autonomie financière ». Sa thèse tient en trois temps : le financement du développement africain a trop longtemps reposé sur des ressources extérieures (prêts concessionnels, aide publique, eurobonds) ; la remontée des taux mondiaux depuis 2022 en a montré les limites ; la question centrale n’est plus l’accès aux marchés internationaux mais la capacité du continent à mobiliser sa propre épargne. « Une question de souveraineté économique », écrit-elle.
Le texte s’appuie sur des chiffres précis : un déficit annuel de financement des infrastructures compris entre 68 et 108 milliards de dollars selon la Banque africaine de développement ; un encours d’obligations d’État de la CEMAC d’environ 8 451 milliards de FCFA en mars 2025, dont près de 46 % pour le Gabon et 24 % pour le Cameroun ; une BRVM à plus de 18 000 milliards de FCFA de capitalisation en 2024, là où la BVMAC plafonnait entre 1 300 et 1 500 milliards en 2023. Ses recommandations sont celles d’une praticienne : réformer les régimes de retraite pour faire émerger des investisseurs institutionnels, ouvrir le marché obligataire aux entreprises, développer fonds et obligations d’infrastructure, et associer les institutionnels africains aux partenariats public-privé plutôt que de les réserver aux capitaux étrangers.
Le dossier de presse de Malya Capital la présente par ailleurs comme conceptrice et modératrice principale de webconférences consacrées à « La Gouvernance, la Régulation et l’Éthique financière en Afrique centrale », organisées dans l’écosystème de la COSUMAF et réunissant régulateurs, ministres, dirigeants bancaires et professionnels du marché autour de l’attractivité des capitaux et de la digitalisation des bourses. Il mentionne aussi des travaux de recherche et de co-rédaction sur la structuration financière des eurobonds, menés avec des cadres institutionnels de la région. C’est cette implication dans les débats de place, selon la société, qui explique la « proximité » de l’experte avec le projet.
Malya Capital, une société de bourse née en 2026
Agréée par la COSUMAF par décision du 25 juin 2026 prise à Libreville (agrément COSUMAF-SDB-05/2026), Malya Capital S.A. est dotée d’un capital de 300 millions de FCFA et installée dans l’immeuble SPELT One, à Bonadiwoto, face au Grand Mall de Douala. Elle est présidée par Jean-Claude Ngbwa, ancien secrétaire général de la CIMA (2006-2015), ancien président de la Commission des marchés financiers du Cameroun et premier directeur général de la BVMAC après la fusion des bourses de Douala et de Libreville.
L’administrateur directeur général, Eugène Cissé Kouoh, formé entre le Sénégal et le Cameroun, a passé huit ans chez Standard Chartered Bank (trading de devises, produits dérivés, gestion actif-passif), dirigé ASCA Asset Management, filiale d’Attijariwafa Bank, présidé l’ASGPAC, l’association des gestionnaires d’actifs de la CEMAC, puis exercé comme actionnaire et ADG de FedhEn Capital d’octobre 2023 à février 2026. Les deux hommes avaient quitté FedhEn ensemble, leurs démissions ayant été constatées par son conseil d’administration le 10 février 2026, avant de fonder leur propre maison quatre mois plus tard.
La société s’organise en quatre pôles : marchés des capitaux (émissions obligataires, augmentations de capital, emprunts souverains et corporate), conseil et financements structurés (fusions-acquisitions, valorisation, LBO), intermédiation financière et tenue de comptes-titres, analyse et recherche. Sa devise, « Structurer, financer, élever », résume une ambition affichée : dépasser le rôle d’exécutant de transactions pour devenir concepteur de solutions.
Elle arrive sur un marché encombré. La COSUMAF compte 26 sociétés de bourse agréées, dont 19 basées au Cameroun, selon EcoMatin. Douala est devenue la place de l’intermédiation en zone CEMAC, et la concurrence y est devenue nettement plus vive. D’où le choix d’un créneau que presque personne ne travaille sérieusement : l’épargne de la diaspora.
Du transfert à l’investissement : le pari diaspora
Les chiffres donnent la mesure de l’enjeu. Les transferts de la diaspora camerounaise ont dépassé 652 milliards de FCFA en 2024 selon les données officielles, soit près de 8 % du budget de l’État pour 2025. Le FIDA, dont la méthodologie est plus restrictive, retient 690 millions de dollars en 2025, environ 395 milliards de FCFA, en hausse de 157 % en dix ans. Quelle que soit la source, l’essentiel de ces flux finance la consommation des familles, pas l’investissement productif. C’est cette épargne « parfois fragmentée ou volatile » que Malya Capital veut convertir en « capital patient ».
La stratégie portée par Davina Simen et Eugène Cissé repose sur trois piliers : la « verticalisation » de l’investissement, c’est-à-dire une structuration qui rend les flux traçables et sécurisés de la souscription au reporting ; l’éducation financière des investisseurs, qualifiés comme grand public ; et le rôle d’intermédiaire de confiance agréé. Le dossier de presse décline cette approche en cinq principes : origination et sélection de projets à gouvernance documentée ; choix de l’instrument adapté (fonds thématique, placement privé, dette corporate, obligation, prise de participation) ; gouvernance et traçabilité ; distribution et pédagogie, avec une information claire sur les risques, les coûts, la liquidité et les modalités de sortie ; impact mesuré enfin, en emplois, PME financées, infrastructures, transition énergétique et autonomisation des femmes.
Une plateforme numérique est en développement pour ouvrir l’accès à des fonds thématiques « à fort impact ». Les wallets et le mobile money pourront servir de points d’entrée, « mais l’investissement devra rester inscrit dans un cadre financier mature, documenté et conforme aux règles applicables », précise le dossier, qui insiste sur la connaissance du client, la lutte contre le blanchiment, la prévention des conflits d’intérêts et la protection des données. On reconnaît là la main de la juriste. Le projet s’appuie sur un partenariat avec le Club Efficience du Dr Elie Nkamgueu, think tank de la diaspora camerounaise en France, et sur des relations avec l’ambassade du Cameroun à Paris. Malya Capital était présente au forum Ensemble Back Home 2026, les 18 et 19 septembre à Paris, où la COSUMAF et la Société immobilière du Cameroun ont évoqué un futur diaspora bond consacré au logement. La priorité va au Cameroun, avec un déploiement annoncé vers le Tchad et le Gabon.
« La diaspora ne doit plus être seulement une source de transferts : elle peut devenir une véritable classe d’actifs, structurée, traçable et productive », résume le dossier de presse.
Ce qui reste à prouver
Le pari est ambitieux et les obstacles connus. Eugène Cissé le reconnaît lui-même : par comparaison avec l’Afrique de l’Ouest, la diaspora d’Afrique centrale montre une appétence moins marquée pour les projets structurants. Le marché régional reste étroit. La BVMAC ne compte que sept sociétés cotées ; sa capitalisation actions est passée de 478 milliards de FCFA fin 2025 à 1 658 milliards après l’entrée de BGFI Holding en mai 2026, mais le flottant plafonne autour de 115 milliards et les carnets d’ordres restent souvent sans contrepartie. L’encours obligataire coté, 1 305 milliards de FCFA fin 2025, est dominé par les États. Un véhicule diaspora devra donc créer sa propre liquidité plutôt que compter sur celle du marché.
La plateforme numérique n’est pas encore lancée, et aucun véhicule diaspora de Malya Capital n’a, à notre connaissance, été annoncé publiquement à ce jour. Les chiffres des transferts eux-mêmes varient fortement, de quelque 395 à plus de 650 milliards de FCFA, selon que l’on retient les données officielles camerounaises ou celles du FIDA, ce qui rappelle la difficulté de mesurer une épargne qui transite en partie par des canaux informels. Enfin, la société n’a que quelques mois d’existence : sa crédibilité se jugera sur ses premières opérations, pas sur ses documents de présentation.
C’est là que le profil de Davina Simen prend tout son sens. Un produit destiné à des épargnants installés en France, aux États-Unis ou ailleurs en zone CEMAC doit satisfaire à la fois des investisseurs habitués aux standards de protection européens et un régulateur régional attentif à la lutte anti-blanchiment. Faire tenir ensemble ces deux mondes, MiFID et COSUMAF, La Défense et Bonadiwoto, est précisément le métier qu’elle a appris. Reste à le démontrer sur le terrain, avec de vrais souscripteurs et de vrais reportings.
Repères : Davina Simen
- Formation : droit des affaires et fiscalité d’entreprise ; MBA droit des affaires et finance internationale ; Executive Master asset management et droit financier, IAE Paris (en cours) ; certification AMF.
- Parcours : cabinet d’avocats Racine, BDO France, Française des Jeux (FDJ United), Société Générale (juriste affaires spéciales ; financements structurés et post-marché).
- Domaines : structuration financière, haut de bilan, private equity, fusions-acquisitions, gestion d’actifs (OPCVM, fonds alternatifs), conformité et protection des investisseurs.
- Enseignement : formatrice experte chez First Finance, Paris (EMIR, MiFID II, MiCA, infrastructures de marché).
- Prises de parole : tribune « Marchés de capitaux et souveraineté africaine » (AfricaPresse.Paris, 27 juin 2026) ; conceptrice et modératrice des webconférences « Gouvernance, Régulation et Éthique financière en Afrique centrale » ; travaux sur la structuration des eurobonds.
- Chez Malya Capital : co-porte avec Eugène Cissé la stratégie diaspora (structuration, pédagogie, relations investisseurs).
Malya Capital en bref
| Repère | Détail |
|---|---|
| Statut | Société de bourse (S.A.), agrément COSUMAF-SDB-05/2026 du 25 juin 2026 |
| Capital social | 300 000 000 FCFA |
| Siège | Immeuble SPELT One, Bonadiwoto, B.P. 956 Douala, Cameroun |
| RCCM | CM-DLA-01-2026-M-08306 |
| Gouvernance | Jean-Claude Ngbwa, président du conseil d’administration ; Eugène Cissé Kouoh, administrateur directeur général |
| Pôles | Marchés des capitaux ; Conseil & financements structurés ; Intermédiation & tenue de comptes-titres ; Analyse & recherche |
| Partenaire diaspora | Club Efficience (Dr Elie Nkamgueu) |
| Site | malyacapital.com |


