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Africa-France Impact Coalition : la CEMAC, terrain d’investissement plus qu’actrice

Dimanche 4 octobre, Emmanuel Macron a réuni à l’Élysée les dirigeants de l’Africa-France Impact Coalition autour du président béninois Romuald Wadagni. Cinq mois après le sommet de Nairobi et ses 23 milliards d’euros d’investissements annoncés, la coalition s’installe dans la durée. Vue de Douala, de Libreville ou de N’Djamena, la soirée pose une question simple : que revient-il à l’Afrique centrale, et qui parle en son nom ?

Un dîner de suivi, sans annonce chiffrée

Le format était celui d’un dîner de travail. Autour d’Emmanuel Macron, des dirigeants d’entreprises africains et français, et un invité d’honneur, Romuald Wadagni, qui a pris la parole juste après son hôte. Investi le 24 mai, l’ancien ministre béninois des Finances effectuait là sa première visite de travail en France.

Parmi les convives identifiés figuraient Baïdy Agne, président de Business Africa et du patronat sénégalais, et le Nigérian Tony Elumelu, patron de Heirs Holdings et chef de file de la coalition. Les échanges ont porté sur le suivi des projets retenus à Nairobi, l’ouverture du marché béninois aux investisseurs privés et l’industrialisation du continent.

Aucun montant nouveau n’est sorti de la soirée. Le seul chiffre de la séquence parisienne est bilatéral : le lendemain, le Bénin a signé avec l’Agence française de développement et Bpifrance des accords de 65,5 milliards de FCFA, près de 100 millions d’euros, dont l’essentiel ira à l’extension du réseau électrique.

L’information est ailleurs. Née comme un dispositif de sommet, la coalition devient une structure permanente, avec un rendez-vous à l’Élysée et un chef d’État africain à sa table. Elle s’installe, et il y aura donc des places à prendre.

Vingt-trois milliards, et ce qu’ils recouvrent

Lancée les 11 et 12 mai au sommet Africa Forward de Nairobi, l’AFIC réunit plus de quarante dirigeants de grandes entreprises africaines et françaises. Elle est placée sous l’égide de l’Élysée et coordonnée par la French-African Foundation. Selon le Quai d’Orsay, ses membres pèsent 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 600 000 emplois en Afrique. Le site de la coalition parle, lui, de plus d’un million de salariés.

Le chiffre qui a fait les titres est celui des 23 milliards d’euros : 14 milliards d’engagements français, publics et privés, et 9 milliards venus d’investisseurs africains. Paris y associe 250 000 emplois directs, en Afrique et en France.

Ce total mérite d’être lu ligne à ligne. Une tribune publiée en juin assure qu’il s’agit de projets déjà financés et en cours de déploiement, et non de promesses. L’argument a son revers : les fiches publiées par la coalition juxtaposent des objets très différents. TotalEnergies y inscrit plus de 10 milliards d’euros d’investissements d’ici 2030, Canal+ près de 3 milliards dans les contenus, Castel près d’un milliard pour la seule année 2026. Les 3 milliards de dollars d’Ecobank relèvent du financement du commerce, pas de l’usine. Quant à CMA CGM, sa fiche indique toujours « plus de xx milliards ».

Autrement dit, la coalition agrège surtout des plans d’investissement de groupes déjà installés. Cela ne les rend pas fictifs. Cela oblige à regarder où ils atterrissent.

Ce qui revient à la CEMAC

Entre les fiches de la coalition et les annonces de Nairobi, six projets concernent un pays de la zone.

PaysPorteurProjetMontant affiché
GabonErametModernisation du rail Setrag, valorisation du manganèse via Comilog1 Md€
CamerounEDFHydroélectricité, dans un portefeuille de 2 GW réparti sur quatre paysNon ventilé
TchadMatièreUnité de ponts modulaires, 100 à 120 emplois qualifiés10 M€
TchadQair, avec ProparcoSolaire hybride et stockage16,5 M€
CongoCMA CGMHub de Pointe-Noire, parmi neuf infrastructures portuairesNon publié
CentrafriqueEllipse ProjectsHôpitaux, dans un programme de plus de 600 M€ sur plusieurs paysNon ventilé