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Coupe du monde 2026 : de la phase de groupes à la finale, le grand rendez-vous de l’été

Du 11 juin au 19 juillet 2026, les États-Unis, le Canada et le Mexique accueillent la plus grande Coupe du monde de l’histoire : 48 équipes, 104 matchs, 16 villes hôtes. Avec dix sélections africaines — un record absolu —, des absents retentissants et des qualifiés inattendus, le Mondial nord-américain s’annonce comme une édition charnière. Tour d’horizon complet, du coup d’envoi à la finale.

Un format inédit : 48 équipes, 104 matchs, trois pays

C’est une première dans l’histoire de la compétition. Adoptée par la FIFA en 2017 et précisée en mars 2023, la formule à 48 équipes répartit les qualifiés en douze groupes de quatre. Les deux premiers de chaque poule, ainsi que les huit meilleurs troisièmes, accèdent à une phase à élimination directe élargie à 32 équipes, qui débute par un tour inédit de seizièmes de finale. Conséquence directe : 104 rencontres au total (contre 64 au Qatar en 2022) et un champion qui devra disputer huit matchs pour soulever le trophée.

Le tirage au sort, effectué le 5 décembre 2025 au Kennedy Center de Washington, a été complété fin mars 2026 par les barrages européens et intercontinentaux, qui ont livré les six derniers billets.

Le programme, de l’ouverture à la finale

La phase de groupes se déroule du 11 au 27 juin. Le match d’ouverture oppose le Mexique à l’Afrique du Sud, le jeudi 11 juin au mythique stade Azteca de Mexico — un remake du match d’ouverture du Mondial 2010 (1-1). L’Azteca devient au passage le premier stade à accueillir des matchs de trois éditions différentes, après 1970 et 1986.

Les grandes dates à retenir (heure de Paris) :

  • 11 juin : ouverture, Mexique – Afrique du Sud (stade Azteca, Mexico)
  • 13 juin : Brésil – Maroc (New York/New Jersey), premier choc du tournoi
  • 15 juin : Espagne – Cap-Vert (Atlanta) et Belgique – Égypte (Seattle)
  • 16 juin : France – Sénégal (21h, New York/New Jersey), puis Argentine – Algérie dans la nuit (Kansas City)
  • 17 juin : Portugal – RD Congo (Philadelphie) et Angleterre – Croatie
  • 24-27 juin : troisième journée des groupes, avec matchs simultanés
  • 28 juin – 3 juillet : seizièmes de finale (16 matchs, 32 équipes encore en lice)
  • 4-7 juillet : huitièmes de finale
  • 9-11 juillet : quarts de finale
  • 14-15 juillet : demi-finales
  • 18 juillet : match pour la troisième place
  • 19 juillet : finale au MetLife Stadium d’East Rutherford (New Jersey), enceinte de 82 500 places, à 15h locales (21h en France)

À noter pour les supporters africains et européens : avec trois fuseaux horaires en jeu, de nombreuses rencontres se joueront en pleine nuit. L’Algérie est la moins bien lotie (matchs entre 1h et 5h du matin, heure de Paris), le Maroc jouera tous ses matchs de groupe vers minuit, tandis que le Sénégal, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud bénéficient d’horaires plus cléments.

Les douze groupes

  • Groupe A : Mexique, Afrique du Sud, Corée du Sud, Tchéquie
  • Groupe B : Canada, Suisse, Qatar, Bosnie-Herzégovine
  • Groupe C : Brésil, Maroc, Écosse, Haïti
  • Groupe D : États-Unis, Paraguay, Australie, Turquie
  • Groupe E : Allemagne, Côte d’Ivoire, Équateur, Curaçao
  • Groupe F : Pays-Bas, Japon, Suède, Tunisie
  • Groupe G : Belgique, Égypte, Iran, Nouvelle-Zélande
  • Groupe H : Espagne, Uruguay, Arabie saoudite, Cap-Vert
  • Groupe I : France, Sénégal, Norvège, Irak
  • Groupe J : Argentine, Algérie, Autriche, Jordanie
  • Groupe K : Portugal, Colombie, Ouzbékistan, RD Congo
  • Groupe L : Angleterre, Croatie, Ghana, Panama

L’Afrique en force : dix sélections, des ambitions légitimes

Jamais le continent n’avait envoyé autant de représentants : neuf qualifiés directs (Maroc, Sénégal, Égypte, Algérie, Tunisie, Côte d’Ivoire, Ghana, Afrique du Sud, Cap-Vert) et un dixième arraché par la RD Congo via le barrage intercontinental. Quatre ans après la demi-finale historique du Maroc au Qatar, l’Afrique ne vient plus pour faire de la figuration.

Maroc (groupe C). Les Lions de l’Atlas restent la locomotive du continent. Premiers demi-finalistes africains de l’histoire en 2022, ils ont battu en 2025 le record mondial de victoires consécutives (seize, entre juin 2024 et octobre 2025, effaçant la marque de l’Espagne) et ont été déclarés champions d’Afrique 2025 : battus 1-0 sur le terrain par le Sénégal en finale à Rabat, ils ont obtenu le titre sur tapis vert en mars, le jury d’appel de la CAF ayant déclaré le Sénégal forfait après les incidents de la finale. Portés par Achraf Hakimi et une génération dorée, les hommes de Walid Regragui visent au minimum les quarts. Leur entrée en matière face au Brésil, le 13 juin à New York, donnera le ton ; l’Écosse et Haïti complètent un groupe où la qualification semble à leur portée. Chances : candidat crédible au dernier carré.

Sénégal (groupe I). Vainqueurs sur le terrain de la CAN 2025 avant d’en être dépossédés sur décision administrative, les Lions de la Teranga arrivent revanchards et constituent, avec le Maroc, l’effectif africain le plus complet : l’expérience de Sadio Mané et Kalidou Koulibaly, la fougue d’Iliman Ndiaye, Pape Matar Sarr ou Lamine Camara. Leur premier match face à la France, le 16 juin, ravive le souvenir de 2002 et de la victoire fondatrice (1-0) contre les Bleus. Avec la Norvège d’Erling Haaland et l’Irak, le groupe I est l’un des plus relevés du tournoi, mais le format élargi laisse trois équipes sur quatre potentiellement repêchables. Chances : huitièmes très probables, quart envisageable.

Égypte (groupe G). De retour après avoir manqué le Mondial qatari, les Pharaons de Mohamed Salah héritent d’un tirage clément : la Belgique vieillissante, l’Iran et la Nouvelle-Zélande. Demi-finalistes de la CAN à domicile du Maroc, ils ont les arguments défensifs et la star mondiale pour franchir un tour, voire deux. Chances : deuxième place du groupe à leur portée.

Algérie (groupe J). Douze ans après son huitième de finale héroïque contre l’Allemagne en 2014, l’Algérie retrouve la scène mondiale pour sa cinquième participation. Le choc d’entrée face à l’Argentine de Lionel Messi, championne du monde en titre, sera un sommet ; la Jordanie et l’Autriche offrent ensuite un duel direct pour la deuxième place. Riyad Mahrez et la nouvelle vague (Amoura, Gouiri) devront digérer l’élimination en quart de la CAN. Chances : la qualification se jouera contre l’Autriche.

Côte d’Ivoire (groupe E). Championne d’Afrique 2023, sortie en quart de la CAN 2025, la sélection ivoirienne affronte l’Allemagne, l’Équateur et Curaçao. Le match face aux Néerlandais d’adoption de Curaçao, à la portée des Éléphants, pourrait suffire à viser une place de troisième repêchable, mais l’objectif affiché est la deuxième place derrière la Mannschaft. Chances : qualification jouable, tout se décidera contre l’Équateur.

Tunisie (groupe F). Qualifiés très tôt et sans la moindre défaite, les Aigles de Carthage disputent leur septième phase finale sans avoir jamais franchi le premier tour. Le tirage (Pays-Bas, Japon, Suède) est cruel, mais la FIFA elle-même voit en Hannibal Mejbri l’étincelle d’une nouvelle génération décomplexée. Chances : un exploit sera nécessaire, le repêchage en ligne de mire.

Ghana (groupe L). Paradoxe ghanéen : absents de la CAN 2025 — une première depuis 2004 —, les Black Stars ont dominé leur groupe de qualification mondiale. Face à l’Angleterre, la Croatie et le Panama, la bande à Mohammed Kudus jouera sa qualification sur le duel avec les Croates, vice-champions du monde 2018 mais vieillissants. Chances : outsider piquant, troisième place repêchable réaliste.

Afrique du Sud (groupe A). Quatrième participation pour les Bafana Bafana, la première depuis « leur » Mondial 2010. L’honneur du match d’ouverture face au Mexique à l’Azteca leur revient, seize ans après le 1-1 de Johannesburg. Dans un groupe sans épouvantail (Corée du Sud, Tchéquie), la qualification est un objectif crédible. Chances : groupe le plus ouvert pour une équipe africaine.

Cap-Vert (groupe H). La belle histoire du continent : environ 525 000 habitants et une première qualification historique, décrochée en devançant le Cameroun. Les Requins Bleus défient l’Espagne, numéro un mondiale, dès le 15 juin à Atlanta, puis l’Uruguay et l’Arabie saoudite. Chances : minces, mais le rôle de trouble-fête leur va bien.

RD Congo (groupe K). Le retour le plus émouvant : 52 ans après le Zaïre de 1974, les Léopards retrouvent le Mondial au terme d’une épopée — le Cameroun battu sur un but de Chancel Mbemba au bout du temps additionnel, le Nigeria éliminé aux tirs au but grâce au gardien Timothy Fayulu, puis la Jamaïque dominée en prolongation (1-0) à Guadalajara. L’équipe de Sébastien Desabre (Wissa, Bakambu, Mbemba, Wan-Bissaka) affronte le Portugal de Cristiano Ronaldo, la Colombie et l’Ouzbékistan. Chances : limitées sur le papier, mais cette équipe a fait de l’impossible une habitude.

Bilan des chances africaines : le format à 48, avec ses huit meilleurs troisièmes repêchés, n’a jamais été aussi favorable. Le record de deux équipes africaines en phase à élimination directe (2022) devrait tomber : quatre à six qualifiés pour les seizièmes constituent un objectif réaliste, le Maroc et le Sénégal étant les mieux armés pour viser le top 8 — et rêver de rééditer, voire dépasser, l’exploit marocain de Doha.

Les grands absents

L’Italie, encore et toujours. Le séisme du printemps : la Nazionale, quadruple championne du monde, manquera un troisième Mondial consécutif. Après la Suède (2018) et la Macédoine du Nord (2022), c’est la Bosnie-Herzégovine qui l’a éliminée le 31 mars à Zenica, aux tirs au but (1-1 a.p., 4-1), au terme d’un match où les Italiens, réduits à dix dès la 41e minute après l’expulsion de Bastoni, avaient pourtant ouvert le score par Moise Kean. La dernière Coupe du monde de l’Italie reste 2014.

Lewandowski et les déçus de l’Europe. La Pologne de Robert Lewandowski a chuté en finale de barrage contre la Suède, qui avait déjà sorti l’Ukraine. Le Danemark et l’Irlande ont échoué dans la voie remportée par la Tchéquie ; la Serbie et la Grèce avaient été éliminées dès la phase de groupes des qualifications, et la Russie demeure suspendue par la FIFA.

L’Afrique a aussi ses naufragés. Le Nigeria de Victor Osimhen, battu aux tirs au but par la RD Congo en finale des barrages africains, manquera un deuxième Mondial d’affilée. Le Cameroun, monument du football continental, et le Gabon ont également échoué en barrages, tandis que le Mali n’a même pas atteint ce stade.

Sur le continent américain. Le Chili, le Pérou et le Venezuela ont sombré dans les éliminatoires sud-américains ; la Bolivie, repêchée en barrage intercontinental, a buté sur l’Irak. En zone CONCACAF, le Costa Rica et le Honduras, habitués des phases finales, ont été doublés par Curaçao, Haïti et le Panama. La Jamaïque et le Suriname sont tombés au dernier obstacle, comme la Nouvelle-Calédonie, à un match du rêve.

Les surprises et nouveaux visages

Cette édition compte quatre débutants, un record : le Cap-VertCuraçao, la Jordanie et l’Ouzbékistan. Curaçao, environ 150 000 habitants, devient la plus petite nation jamais qualifiée pour une phase finale, détrônant l’Islande de 2018 — un exploit signé du vétéran néerlandais Dick Advocaat.

Les retours marquants ne manquent pas : Haïti, de retour 52 ans après 1974, tout comme la RD Congo ; l’Irak, absent depuis 1986 ; la Norvège d’Erling Haaland et l’Écosse, qu’on n’avait plus vues en Coupe du monde depuis 1998. Le Qatar, hôte en 2022, s’est cette fois qualifié sur le terrain pour la première fois de son histoire.

Enfin, la Suède signe le parcours le plus improbable du Vieux Continent : repêchée pour les barrages via la Ligue des nations après des éliminatoires ratés, elle a éliminé coup sur coup l’Ukraine et la Pologne pour s’inviter dans le groupe F.

Ce qu’il faut retenir

Entre un format révolutionné, une Afrique plus représentée que jamais, l’absence sidérante de l’Italie et des petits poucets venus de tous les continents, la Coupe du monde 2026 promet six semaines de spectacle, du coup d’envoi à l’Azteca le 11 juin jusqu’au sacre du 19 juillet au MetLife Stadium. L’Argentine défend son titre, l’Espagne et la France arrivent en favorites — mais si 2022 a appris une chose au football mondial, c’est que les certitudes ne survivent pas longtemps face aux Lions, qu’ils soient de l’Atlas ou de la Teranga.